Témoignages reçus

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Témoignages reçus

Vous trouverez ci-dessous les témoignages reçus.

Enfant (devenu adulte)
Chantal, 44 ans Aliénation

J'ai 44 ans et j'ai vécu l'aliénation parentale de la part de mes deux parents mais surtout de mon père envers ma mère. Lire plus

Toute mon enfance, mon père m'a dit et répété "Ta mère est folle" et plusieurs autres paroles dans le même genre. Tout pour la dénigrer à mes yeux. Le plus triste, c'est qu'il a réussit. Le jour où mes parents se sont séparés, j'avais 16 ans, je ne l'oublierai jamais, parce que par la suite, je ne l'ai revu que 5 ou 6 fois, jusqu'à son suicide 15 ans plus tard...Ils ne nous ont pas permis de faire la garde partagée pour mon frère et moi. Mon frère est parti vivre avec elle et moi, je suis restée avec mon père, c'est d'ailleurs ce que je voulais à l'époque car je le croyais dur comme fer: "Ma mère est folle"...Mais elle ne l'était pas. Elle a simplement été victime d'un homme narcissique et manipulateur, mais moi je ne l'ai compris que bien plus tard dans ma vie.     

J'aurais beaucoup à dire sur le sujet...

Kathy, 26 ans Aliénation

J’ai vécu de l'aliénation de ma mère envers mon père !

Elle nous incitait mon frère et moi à le voler, le calomnier, à l'envoyer chier (désolé du terme) à enfreindre toutes règles!  Elle nous a même incité à déclarer un kidnapping et on s'est rendu au police... elle nous disait de mentir devant les professionnels (psy) et elle nous disaient quoi dessiner et comment le dessiner....

Femme d'une rare méchanceté et qui, en prenait plaisir !

Kim, 19 ans Aliénation

Cette histoire, malheureusement, heureusement, est ce qui me définit aujourd’hui et me définira indéfiniment. Lire plus

Mes parents se sont séparés lorsque j’avais quatre ans : j’étais la troisième d’une famille de quatre.  Deux demi frères plus âgés, ma sœur et moi-même. De ce que je me souviens, ma mère ne s’entendait pas, jusqu’à dire pas du tout, avec le père de mes frères et celui de ma sœur et moi. Mais qui laisse un homme quand on a quatre enfants ? Je crois qu’être monoparentale avec de jeunes enfants (3, 4, 10 et 14 ans) était ce qui effrayait le plus ma mère. Dans tous les cas, je ne le saurai jamais.

Tout d’abord, précisons qu’en tant qu’enfant, mon père était clairement sur un très haut et immense piédestal. Étrangement, aujourd’hui, malgré les hauts et les bas, c’est encore pas mal le cas. Donc, il m’a été d’autant plus difficile de traverser la séparation entre mes parents. Je me souviens que mon père était alcoolique, allait trop souvent au bar où il y avait des danseuses, revenait tard ou ne revenait pas du tout. Ma mère nous élevait seule en somme, mais je crois qu’à ce moment précis, elle préférait cela largement qu’à une autre situation.

Quand mon père était à la maison, il était saoul, méchant, il ne prenait pas ses responsabilités, pour le peu que ma mère lui donnait. Donc ce que j’ai connu est un père absent, désobligeant et alcoolique. Et ma mère a rencontré un autre homme, mon beau père. Homme merveilleux que je pourrais considérer comme mon propre père. Sauf que ce n’est jamais arrivé et ça n’arrivera jamais. Je l’aime cet homme, de tout mon cœur, je ne le nie pas, mais à mes yeux il ne sera jamais plus que le remplaçant.

Au début, ma mère essayait de garder une potentielle relation entre elle et mon père, afin qu’on en ressente pas le côté néfaste qui se dégageait de cette séparation. Malencontreusement, je crois qu’au fil du temps, elle a laissé de côté cette résolution pour finalement s’attaquer à lui avec une haine tellement féroce que ma sœur et moi se tenions à carreau lorsqu’il s’agissait de notre géniteur.  « C’est un menteur, un manipulateur, un trou du cul, un ci, un ça, ne croyez pas ce qu’il dit et blablabla. » de mes quatre ans jusqu’à aujourd’hui, toujours et encore lorsque la discussion « papa » s’entendait. Je ne suis pas au courant du trois quarts de ce que mes parents ont pu avoir comme discussion, mais de ce que je sais, ça n’a jamais été joli joli. Ils se rabaissaient mutuellement, sans cesse. Même aujourd’hui. C’est une guerre pour savoir qui de nous, les filles, allons le plus aimer, idolâtrer entre elle et lui.

J’ai vécu tout mon enfance avec ma mère.  Donc ce genre de situation, je l’ai vécu un million de fois et je le vis encore. Ça n’allait pas plus loin, la vie continuait. Je ne cacherais pas que ça m’a déprimé longtemps, très longtemps. J’ai été diagnostiqué avec un état dépressif à l’âge de onze ans, je terminais mon primaire deux ans après. Et je crois qu’avec le changement hormonale, l’état que je ressentais devenait plus… sauvage, plus douloureux. J’ai fait ma première tentative de suicide à l’âge de 13 ans, j’étais en secondaire 1.

Je crois que nous vivons tous et chacun la chose différemment. Moi, c’est surtout mon psychologique qui a été atteint. J’ai été blessée, détruite dans mon fort intérieure. Et bizarrement, j’avais l’impression que ma mère y prenait plaisir. En quelque sorte, elle me détestait, parce que je voulais connaître mon père, que je continuais de l’aimer. Le souvenir le plus exact que je peux donner se déroule à mon anniversaire de 16 ans. J’avais recommencé à parler à mon père via les réseaux sociaux durant l’été, suite à un silence radio ayant duré plus de cinq années, il m'invitait pour fêter noël.

Je n’étais peut-être plus un enfant à ce moment-là, mais j’ai ressentis une joie incontestable face à cette invitation. Pour ma mère, par contre ce fut autre chose. Je crois que ça a été la dispute la plus féroce qu’il y eut entre nous. De mon anniversaire, jusqu'à ce que je parte chez mon père, elle ne m’adressa pas la parole. Jamais. Quand j'entrais dans une pièce, elle en sortait en coup de vent. Comme si ma simple présence la dégoûtait. À ces dates-là, je recommençais mes antidépresseurs à cause d’une relation amoureuse néfaste, mais la dose n’était clairement pas assez forte pour me faire tenir le choc de cette situation. J’ai recommencé à me mutiler, plus souvent, plus profondément. Je voulais mourir. Mais je me suis quand même rendu chez mon père pour Noël.

Quand je suis revenu, un mur de silence m’attendait, c’était tendu, ça me rendait mal à l’aise et encore plus mal dans ma peau. J’ai commencé à vivre chez mon petit ami pour ne plus mettre les pieds chez ma mère chez qui, je le sentais, allait me faire basculer jusqu’au point de non-retour. Point auquel je n’avais aucun problème à me rendre mais je considérais quand même ma mort comme quelque chose d’important : ce n’est pas ma mère qui viendrait à bout de moi, mais bien moi-même. J’ai grandis avec l’idée que je me suiciderais à l’âge de 18 ans, peu importe où je serais rendu dans ma vie à ce moment-là. Ça me suffisait.

Bien entendu, âgé de bientôt 20 ans, je vous laisse comprendre que ce n’est pas arrivé. J’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment. Et aujourd’hui, malgré que ma mère se soit calmée, je remarque son amertume flagrante face à ma relation père-fille que j’entretiens avec mon paternel. Je n’ai pas la meilleure des relations avec mes parents, je ne me considère pas proche d'eux et je ne crois pas qu’ils auront un jour ma confiance. Ils ne la méritent pas.

Quand vous vous séparez, évitez de faire souffrir vos enfants. Le père de tes enfants est peut-être un enculé dans la vie de tous les jours, mais il reste la personne que tes enfants vont vouloir chérir jusqu'à la fin de leur vie. Tu n’as pas à décider pour eux quel parent ils vont détester. La sélection naturelle s’occupe de ça bien comme il le faut. Tout ce que tu as créé maman, c’est mon mal être et mon envie de te détester toi du plus profond de mes entrailles. Mais tu es la personne qui m’a élevé, donc je vais toujours t’aimer. Je vous aimerais toujours et à jamais, peu importe vos agissements à toi et papa.

Mère
Maryse, 50 ans Aliénation

Mon partage repose sur plusieurs buts.  Le premier est qu'il puisse éclairer une personne concernée ou toute personne qui cherche à comprendre.   Ensuite, j'ai choisi de m'exprimer librement et sans peur.  Finalement, je souhaite partager un résumé de mon histoire pour expliquer les souffrances profondes et sérieuses associées à l'aliénation familiale mais surtout faire comprendre que les plus grandes victimes sont les enfants. Lire plus

Dans mon cas, l'aliénation s'est installée sournoisement en 2009.  De manière graduelle, d'abord par l’arrivée de conflits répétitifs et exagérés, des contestations et des blâmes à mon endroit puis la haine destructive et finalement le rejet total.  Un enseignement bien manœuvré était fait à petites doses et bien entendu les enfants avaient une grande confiance envers l’enseignant et moi j’étais assez écartée pour ne pas être en mesure de défendre des propos amplifiés ou totalement faux.  Ils ont appris que tout ce qui m'était associé était mauvais et nocif.  Les rejets ont été collatéraux et se sont multipliés allant jusqu'au rejet de gr-papa et gr-maman pourtant tellement aimés.  Il fallait que je sois renversée et fracassée.

Les remises en question pour moi se multiplient, l'incompréhension est omni présente.  Le temps qui était habituellement un élément d'appui pour espérer des changements m'annonce qu'il a été au contraire un rival.  Pendant que j'y perdais mes forces et mes moyens, la création d'un clan grandissait prenant pour combattants, les enfants.

La meilleure arme bien sûr, l'amour des enfants. 

Les objectifs du meneur prennent une emprise sur leurs sentiments qui les poussent, un à un, à croire que les problèmes et la vie trouble reposent principalement sur une personne.  Bien sûr, le processus n'est pas expliqué ainsi aux enfants.  Chaque situation est prétexte pour démontrer à l’enfant qu’un choix de clan s’impose.  Pour les enfants, la chute sombre de la séparation est déjà souffrante voilà que maintenant ils doivent faire un choix incompréhensible et s’accrocher aux parois qu’ils estiment les plus sûres. 

De mon côté c’est la dégringolade.  Des sentiments que jamais je n’aurais pu imaginer vivre et d’autant plus souffrants car ils venaient de ceux que je chéris le plus…mes enfants.  Les sentiments de piège, de haine et de trahison ont finalement eu raison de moi.  Anéanti,  je tombe où le jeu devait me mener, vers le silence et à distance.  Sans force ni résistance,  j’ai pensé que pour épargner la souffrance de mes enfants il était mieux de respecter ce que je croyais "comme étant" leurs choix.

Nos liens que je croyais éternels et inestimables basculent aussi à l’endroit où le jeu devait les mener, vers l'inconcevable;

En 2011, ma fille Amélie m'associe comme une entrave à l'équilibre des autres et d'elle-même.  Je deviens la cause de tous les ennuis et elle ne souhaite plus de relation.  Des mots écrits à mon égard sont brutales et brûle mon cœur de mère.  Peu de temps après, mon fils Jérémy conteste les règles et l'encadrement, que je croyais nécessaires pour lui.  Il diminue ses visites, déménage graduellement son campement pour ne plus revenir.  Ma demeure est traduite comme un lieu de vie qui brime et réprimande.  Un jour alors que j’étais par hasard devant lui au passage, il m’a jeté un regard, a continué son chemin sans même se retourné, là aussi mon cœur a été tranché.  Puis finalement Mathieu , l'aîné, emprunte le même chemin.   Le choix s'impose avec pression pour lui considérant les menaces de suicides de son père et un processus de justice à venir qui le force d'avantage à exprimer son opinion sur le choix d'un clan.  La pression étant lourde pour lui. Un jour alors que nous fêtions son anniversaire, il a quitté les lieux pendant le repas, prétextant une urgence pour son père et n’est jamais revenu ni même réclamer les cadeaux offerts.  Puis un jour, comme ça, il est parti sans jamais revenir ni répondre à mes appels. 

Les conduites de l'aliénation familiale m'ont fait perdre ce que j'avais de plus précieux, mes enfants.  Mon cœur est toujours paralysé et souffrant mais j’arrive maintenant à vivre aussi.  À ce jour mon fils Jérémy est revenu dans ma vie et notre relation a repris sa place. Les vrais mots ont été dits et avec notre amour mutuel, la reconstruction a été possible.  Il en demeure qu'il porte des cicatrices importantes car ce retour vers moi a fait en sorte qu'il a été rejeté par son père, son frère et sa sœur avec qui il avait pourtant une belle complicité.  Lui qui était à la recherche de vérité étudie maintenant en droit et sera un homme de justice dans quelques mois.

Voilà 9 ans que l'aliénation hante nos vies.  J'ai appris à vivre avec les souvenirs et l'espoir.  Bien entendu je porte une profonde désolation sur la vie de mes enfants qui s’est retrouvée chamboulée.   Je souhaite qu'un jour la vie reprenne une normalité entres nous mais ce que j’espère le plus pour eux c’est qu’ils soient heureux, même si cela consiste à ne pas faire partie de ce bonheur.

Je connais maintenant la grandeur des souffrances causées par ces manipulations. Des pratiques qui torturent l'esprit et le cœur des enfants.  Je porte une tristesse sur la difficulté que j’ai eu à les protégés, j’ai des regrets d'avoir obéi à la peur, des tourments de les savoir otages pour des raisons inacceptables et qu’ils ne connaissent pas.  Finalement une souffrance d'avoir cessé des pressions pour continuer d’exprimer mon amour par crainte de vivre à nouveau les sentiments du rejet qui prenait ma volonté de vivre.

Je souhaite que l'aliénation soit mieux reconnue par la justice et la société.  Que la justice installe un processus qui oblige les parents qui se séparent à participer à un programme qui vise à démontrer parallèlement les bonnes pratiques des mauvaises et les répercussions.  Qu'un suivi obligatoire soit fait afin de prouver que l'organisation familiale réponde aux besoins des enfants.  Qu'à défaut d'y contribuer, des mesures soient prises par le ministère de la famille.

Si un enfant aliéné lit mon témoignage, je souhaite qu'il trouve le soutien nécessaire à l'assemblage des éléments de compréhension et de reconstruction.  Je lui souhaite la force et le courage de reprendre l'amour auquel il détient les droits et de recevoir l'amour de ses deux parents dans la paix et le respect.  Je lui souhaite d'être en paix avec ses propres choix.

Je souhaite qu'une personne aliénée soit comprise et soutenue. Que cette personne puisse trouver un certain réconfort et continuer de croire en ses valeurs et capacités.  D’exprimer aux gens qui l’entourent, l’amour pour ses enfants et de bons souvenirs car c’est ainsi qu’il peut conserver sa place pour l’instant.  De persister, autant que cela est possible, les messages d’amour…uniquement d’amour et de ne rien attendre en retour.  De prendre du temps à chaque jour pour accorder des pensées à nos enfants, de laisser venir et passer la peine puis prendre un grand souffle et avancer en gardant l’espoir.  Continuez d’être !  Bien sûr je garde confiance en l’avenir et je nous souhaite des retrouvailles !

Mes enfants, vous êtes dans ma vie à tous les jours et je vous aime comme au premier jour !

Christine, 54 ans Aliénation

Il m’arrive souvent de fermer les yeux et d’espérer que tout ceci ne soit qu’un cauchemar! Et non, la réalité est telle que je dois y faire face à chaque lever du soleil. Lire plus

Suite à ma séparation en 2007, le processus d’aliénation parentale a tissé sa toile au fil des années. Mon fils n’avait que 4 ans à l’époque, et depuis sa plus tendre enfance, il baignait dans la violence psychologique et physique. La garde partagée n’a pas fonctionné. Au retour de la semaine passée chez son père, l’attitude de mon fils devenait de plus en plus désagréable, celui-ci était agressif envers moi et verbalisait des phrases telle que : « Je vais crier et grand-mère va appeler la police. C’est ta faute si papa n’est plus à la maison. » La grand-mère paternelle occupait le logement au-dessus de ma tête. Après trois ans, comme elle continuait de me faire la vie dure (policier aux deux semaines, pompiers, bris dans son logement, etc…), je me suis résignée et suis partie vivre en région. Le père ne voulait pas la garde et en même temps a tout fait pour faire perdurer les procédures judiciaires, c’était sa façon à lui de gagner du temps. Suite à un signalement pour mauvais traitements que j’aurais fait subir à mon fils, les procédures judiciaires ont été mises sur la glace le temps de démêler le tout et d’obtenir un rapport. En 2009, les intervenants n’étaient pas à l’aise avec le phénomène d’aliénation parentale et comme le père assumait bien en général, les soins de base à l’enfant, la situation a été traitée comme un conflit de séparation. Des mesures ont été mises en place et devinez quoi toutes les raisons étaient bonnes pour ne pas les respecter. Je me présentais au service de garde, mon fils avait déjà quitté avec la grand-mère alors que c’était mon droit d’accès. Le père a fait des démarches en pédopsychiatrie, je n’ai jamais été informé. Il a même convaincu les spécialistes que je n’avais plus d’autorité parentale. Je finissais toujours pas découvrir ses stratagèmes pas hasard. En février 2010, j’ai lâché prise avant de ne plus avoir de ressources et d’y laisser ma santé. J’ai renoncé à la garde croyant que la situation se stabiliserait. Erreur, l’escalade s’est poursuivie de plus belle. Alors que mon fils n’avait que 7 ans, il m’a été impossible d’exercer mes droits d’accès pendant 6 mois, toutes les raisons étaient bonnes (il est malade, une activité, etc…).

Au cours de ces années, le père m’avait à plus d’une reprise fait sous-entendre que mon fils ne voudrait plus me voir un jour si je ne changeais pas. De 2007 à 2015 fut un marathon entre les travailleurs sociaux, éducateurs spécialisés, expertises psychosociales et la justice.

Avril 2015, le couperet tombe. Je me présente au domicile du père comme à toutes les deux semaines, mon fils refuse de venir, il me dit : « Je n’irai pas avec toi, tant que tu ne changeras pas.» J’ai tenté de discuter avec lui mais sans résultat, la grand-mère qui était présente entre lui et moi, me dit devant mon fils de quitter tel que demandé par ce dernier. J’y retourne deux semaines plus tard, et j’obtiens le même résultat. Je retourne chez moi, contacte les intervenants au dossier et les avise que je ne retournerai pas une troisième fois, même eux sont dépassés par la situation. J’ai écrit à mon fils en lui disant que ma porte demeurait ouverte et que j’attendrais un signe de sa part. Il m’était impossible de lui parler, un système de filtrage d’appel était contrôlé par le père. Pendant deux ans, j’ai acheminé régulièrement des courriels à mon fils lui demandant de ses nouvelles, et ce, malgré le fait que je demeurais sans suivi de sa part.

Août 2017, revirement de situation! Mon fils me contacte, il souhaite revenir. Je suis sur mes gardes, que me prépare-t-on?? Beaucoup de questions et peu de réponses claires tant par mon fils que par la grand-mère. Ce n’est que suite à l’appel d’une intervenante de la DPJ que j’ai commencé à y voir plus clair et à comprendre ce qui se passait. Mon fils avait 12 ans la dernière fois que je l’avais vu, il a maintenant 14 ans. Je le regarde et j’ai l’impression qu’un siècle est passé depuis notre dernière rencontre tellement il a changé. Pour le moment, mon fils est placé en centre, car nous devons réapprendre à nous connaître et à nous apprivoiser. Je nous fais confiance et le temps sera notre meilleur allié. Je demeure aux aguets car même si le père s’est retiré, il n’en demeure pas moins que sa complice (grand-mère) est toujours présente. Ma traversée d’ombres et de peu de lumière m’a permis d’acquérir beaucoup de résilience.

Ce n’est au printemps 2017 que j’ai été en mesure de mettre un mot sur ce que je vivais, et ce, grâce à une amie. Suite à l’écoute de l’émission radiophonique « Table ronde d’Isabelle Marchéal portant sur la journée internationale de sensibilisation à l'aliénation parentale (25 avril), c’est toute une gamme d’émotions qui m’a happé de plein fouet (pleurs, colère, rage, incompréhension, etc.). Deux mots me viennent en tête pour décrire comment je me sens suite à ces dernières années, impuissance et injustice. Je ferme les yeux et ose croire que ce cauchemar est maintenant terminé!

Mon constat suite à toutes ces années tumultueuses est que le système judiciaire ainsi que les intervenants (travailleurs sociaux, psychologues, avocats, etc.) ne sont pas outillés pour faire face à une telle situation. Les juges font fi des rapports présentés par les spécialistes qui osent dénoncer la situation, on préfère parler de conflit de séparation. « Aliénation parentale » est un mot tabou dans le milieu juridique, il y a toute une éducation à faire autour de ce phénomène qui prend de l’ampleur et fait des victimes silencieuses. Et ces victimes ce sont nos enfants!

Julie, 39 ans Réconciliation

L'aliénation de mes deux fils (11 et 14 ans) a débuté alors que nous formions encore une famille. Lire plus

Le processus d'aliénation a pris très peu de temps à être complété totalement. Mes propres enfants ont participé à mon éviction de la maison. Du jour au lendemain, j'ai perdu mes enfants. 

J'ai vécu toute la gamme des émotions pendant cette période de ma vie, j'étais complètement démolie et je savais que mes enfants étaient démolis eux aussi. En tant que parent aliéné on se retrouve dans une situation très difficile à accepter. J'ai dû entamer un processus de deuil et de lâcher prise en me disant que je devais m'occuper de moi afin d'être prête si jamais un jour mes enfants revenaient dans ma vie. 
Je n'ai eu aucun contact ni aucunes nouvelles de mes enfants pendant plus d'un an. À chaque nuit, je faisais toujours le même rêve où je recevais un appel m'annonçant que mes enfants étaient décédés sans que je n'aie eu la chance de les revoir une dernière fois.

L'amour qui existe entre un parent et ses enfants est inconditionnel et la vie me l'a bien démontré. Mes enfants ont repris contact avec moi. Le plus âgé de mes fils habite maintenant avec moi. Tous deux gardent des séquelles de cet aliénation. Nous devons maintenant réapprendre à nous connaître et à nous apprivoiser.

 

Valérie, 45 ans Aliénation

Ma fille a été victime d'aliénation parentale. Je n’ai pas vu ma plus jeune de 14 ans pendant 2 ans et demi. Je n'ai rien vu venir. Je ne connaissais pas ça, l’aliénation parentale. Lire plus

Elle a décidé comme un coup de fouet qu'elle ne revenait pas à la maison. De multiples accusations étaient portées contre moi et mon nouveau conjoint. Nous étions pourtant de très bons parents. Mais à 14 ans, c'est l'âge où l’enfant peut désormais choisir où il souhaite vivre, et le père le savait très bien. Il avait essayé avec ma plus vieille exactement au même âge. Heureusement cela n'avait pas fonctionné avec la plus vieille.  

Mais à coups de charme et de cadeaux, à coups de paroles contre nous (mon conjoint et moi) et de mensonges à l'avocat de ma fille, l'avocat de ma fille en vient même à m’accuser (sans même m'avoir rencontré, ni parlé, ni vérifié) que ma fille a peut-être des séquelles de son vécu chez moi... Tout cela était très utile à mon ex qui s’en servait pour justifier ses mensonges. Il en a aussi profité pour tout tirer à son avantage : 5 demandes de garde, baisse de pension (5 rondes de dépenses exorbitantes en frais d’avocats et douleurs psychologiques), et analyse psychosociale refusée par le père et ma fille car c'était moi la méchante ! L'aliénation c’est aussi : manipulation, harcèlement, espionnage, jalousie, fraude, abus en pension alimentaire.

Perdre mon enfant a été atrocement douloureux. Il m’est arrivé de penser au suicide. Je vis avec une angoisse constante qui fait que chaque émotion m'est maintenant difficile. J’ai suivi des thérapies, mais je n'ai plus de confiance envers les avocats, les psychologues et les travailleurs sociaux. Ils semblent tous fermer les yeux car c'est trop compliqué et difficile à prouver.

Malgré tout, je n'ai jamais abonné, j’ai continué de témoigner mon amour à ma fille par des petits textos, cadeaux envoyés, invitations, etc. Je ne recevais jamais de réponses ou de retour, mais cela a porté fruit car après 2 ans et demi elle est revenue un peu vers moi à l'occasion de Noël. Elle a revu toute ma famille alors qu’elle avait complètement coupé les ponts avec eux aussi durant ces 2 années. Nous l'avons tous accueillie à bras ouvert sans questions, sans commentaires sur le sujet. Nous lui avons simplement exprimé le bonheur que la revoir nous procurait. La relation est encore critique et fragile, mais je la vois plus souvent maintenant.

Cela dit, même si je suis sa mère, je ne peux plus être un vrai parent, je n'ai plus aucun droit sur son éducation car tout se retourne contre moi, je dois donc me contenter de savourer sa présence. Aujourd’hui, un simple mot d'amour ou un cœur (texto) venant d'elle (alors qu'il y en avait tout plein avant l’aliénation) me fait le plus grand bien. Mon estime de moi m'a réellement sauvée ! 

Anne, 48 ans Aliénation

Les enfants, nos précieux enfants que l'on aime de manière inconditionnelle ! Malheureusement, il arrive parfois qu’il devienne de plus en plus difficile de les aimer. Pourquoi ? Certainement pas par manque d’amour. Plutôt à cause d’un mur qui se bâtit sournoisement. Mais comment est-ce possible ? Lire plus

Avec un parent malheureux qui choisit de démolir peu à peu l'autre ... Au moment de la séparation, mes enfants étaient toujours jeunes, et ils firent la navette 1 semaine sur 2 chez l’un, puis chez l’autre.

 

Le désir de vengeance toujours présent chez le père de mes enfants , il continua à me dénigrer et de plus belle auprès de nos enfants. Le père a demandé la garde exclusive de mon fils à ses 14 ans pile, pas une journée de plus. À cet âge, c'est l'enfant qui décide. Volet de ma vie que j'aimerais bien oublier mais impossible car ce n'est pas un événement mais un processus.

Ma fille grandit et continua de faire la navette malgré les nombreuses tentatives d'obtenir sa garde exclusive à elle aussi. Lui et sa nouvelle conjointe ont envoyé sur une base quotidienne, et ce pendant des années, des textos et courriels mentionnant qu'il ne restait que x nombre de dodos avant de revenir chez eux, que le supplice serait bientôt fini, de ne pas lâcher, etc.. Eh oui, lorsqu'elle était chez moi c'était un parcours obligé et presqu'une pénitence. La joie de vivre de ma petite s'est transformée en angoisse. Avec le regard éteint et la rage au cœur, elle est entrée dans l'adolescence. 

Tout ce récit pour vous décrire ce fameux mur que crée l'aliénation parentale. L'amour inconditionnel d'une mère fut mis à dure épreuve. Il faut garder la foi et espérer que le temps amoindrisse ou améliore la situation.                                               

Les années ont passés et les enfants sont maintenant de jeunes adultes. Leur père est décédé depuis quelques années d’un cancer. Est-ce que le temps règle les choses ? Non. Mais les douleurs s’estompent.

Une belle histoire tout de même, celle de mon fils qui s'est rapproché tout en douceur. Un contact ou deux par année puis un souper, il y a un an, en tête à tête avec moi. Une porte s'ouvre. Quel beau cadeau.  Probablement le plus inattendu et le plus réparateur. Une blessure qui se guérie uniquement par l’amour.

Avec ma fille, il reste tout un défi : celui de la déculpabiliser. De quoi ? Elle s'imagine que puisque qu'elle a fait la navette entre son père et moi, elle a passé moins de temps avec lui, et maintenant il est mort. Elle s'en veut, elle m'en veut et elle est en colère. Une rage intérieure, un mal être.

Quels sont maintenant ses repères ? Un père qui n'est plus, un père à qui elle a fait la promesse implicite de ne pas aimer sa mère. Un frère qui revient au bercail tout sourire, alors qu’il a tant fait pleurer sa mère. Combien injuste pour une fille qui n'est jamais partie, elle, mais qui n’est là qu'à moitié. Physiquement présente, elle rêve d'être ailleurs et loin de toute cette souffrance qu'elle veut oublier. Surtout ne pas en parler. On se texte alors ?

Nous, comme parents, ce que l'on souhaite avant tout est de donner le meilleur de nous-mêmes à nos enfants. Et puis vient le temps de les regarder prendre leur envol, entendre parler d'eux et être fiers. On y est presque. La brume s’évapore. Il reste des séquelles, le printemps revient. Retour à l'espoir.  La vie sera douce.  Je vous le dis. Le bonheur est à portée de main à qui le veut bien.

Catherine, 50 ans Aliénation

Je me suis séparée du père de mes deux garçons alors qu’ils avaient 10 et 12 ans. Une décision mutuelle, avec une garde 50/50.

Un jour, alors que mes fils ont 13 et 15 ans, je reçois un courriel de sa part m’informant que les garçons ne veulent pas rentrer à la maison et qu’ils ne veulent carrément plus venir chez moi. Cela ne faisait évidemment aucun sens pour moi; Lire plus

ma relation avec mes fils était harmonieuse et ils n’avaient jamais exprimé le désir de vivre [exclusivement] chez leur père. Ils avaient quitté pour le week-end comme ils l’avaient fait tant de fois, laissant tous leurs effets personnels et scolaires à la maison !

 

J’ai essayé de communiquer avec mes enfants, mais les appels étaient filtrés et contrôlés par le père.  Mon plus vieux a fini par me dire qu’il ne souhaitait pas « en parler » et que je devais demander à son frère. Mais mon plus jeune n’a jamais pris le téléphone pour me parler. Je me suis donc rendue à un match de soccer afin de les voir et de discuter avec eux. Sur place, je me butte au père qui me dit n’avoir aucune raison ou droit d’être là, présente sur le terrain soccer. Je réussis tout de même à parler à mon plus jeune qui me demande à son tour de parler à son (grand) frère car lui, il ne parlera pas. Bref, mes deux enfants sont sans voix. J’apprends aussi par un intermédiaire que leur père leur a promis une motocyclette mais que je ne dois surtout pas le savoir, sinon « je la leur enlèverais ».

J’enclenche alors un processus de médiation qui m’éclaire un peu sur les intentions du père. Il m’accuse entre autres d’être responsable d’avoir brisé la famille, affirme qu’il est temps que les enfants connaissent LA vérité (SA vérité, en somme) et estime que les enfants sont en âge de décider où ils souhaitent vivre. S’ensuit alors une série de tentatives de résolution qui s’étalera sur trois ans : approche avec un travailleur social — avortée par le père —, analyse psychosociale — refusée par le père —, commission de règlement à l’amiable convainquant les avocats d’une situation d’aliénation parentale obligeant les deux parents à un coaching parental — auquel le père ne se présentera jamais.

Toutes ses démarches auront pour résultats que le père gagne du temps, beaucoup de temps. Devant ce qui ne fait pas son affaire, il ne se présente pas ou ne donne pas son consentement ; il change d’avocat aussi pour gagner du temps; et il signe devant le juge une entente qu’il ne respecte en aucun point. Et tout ça, sans aucune conséquence légale.

J’ai pu mettre un mot sur ce que je vivais après plusieurs mois, grâce à une amie. J’ai aussi vite appris que ce mot était tabou dans le milieu juridique. On m’interdisait d’utiliser ce terme et d’invoquer l’aliénation parentale devant le juge.

Toutes tentatives de rejoindre mes enfants étaient vaines ; ils ne voulaient pas me parler. Lorsque je me présentais à un match de soccer, la majorité des parents n’osaient plus m’approcher. Le père avait non seulement programmé l’esprit des enfants et saboté ma relation avec eux, mais aussi avec celui de leur entourage.

L’aliénation parentale est une amputation psychologique qui laisse une douleur fantôme continuellement présente mais invisible aux yeux de tous. Tous ces moments si naturels comme la fête des mères, les anniversaires, le temps des fêtes et un petit magasinage sans les enfants, deviennent difficile à vivre. Ce cheminement fût un marathon émotif de plusieurs années et l’exemple même de ce qu’est l’IMPUISSANCE et l’INJUSTICE. Je ne m’explique pas encore d’ailleurs comment un tel scénario a pu se dérouler de cette façon sans qu’aucun professionnel, avocat et juge n’arrivent à arrêter une telle situation et une telle attitude du père.

Avec le recul, je n’ai pas plus de réponses sauf celle de comprendre trop tard que je vivais de l’aliénation parentale et que notre système de justice et nos lois sont inadaptées aux problèmes de familles séparées quand ils font face à des parents qui font leur propre loi.

Je dois aujourd’hui me pardonner de laisser un tel héritage à mes enfants. Rien qu’à y penser, la tristesse m’envahie. L’espoir me tient, me fait vivre le beau de la vie, et je n’ai aucun doute que je verrai ce jour de retrouvailles avec chacun d’eux. Moi, je guéris chaque jour et je serai là pour leur guérison, quel que soit leur chemin.

Diane, 53 ans Aliénation

Pour moi, l'aliénation a commencé avec moi en 1990. Mon ex a réussi à m'éloigner de ma famille et de mes amis, en me répétant sans cesse que c'était des gens dangereux. J'en ai même perdu ma propre identité et tous mes points de repères. Lire plus

Malgré ce que ce dernier me faisait subir, j'ai décidé d'avoir un enfant avec lui. J'espérais que la situation allait changer. Erreur, la situation a dégénéré à un tel point que j'ai dû être hospitalisée plus de 3 mois étant donné ma piètre condition. À mon retour après ma thérapie, j’ai décidé que la situation avait assez durée et que je devais quitter avec ma fille si je voulais continuer à vivre.

Toutefois, j'étais plus que consciente, que le pire était à venir. Par la suite, il s'en est pris à notre fille à un tel point qu'un expert psycho-légal en a même conclu que ce dernier était narcissique, manipulateur, et imperméable à toutes thérapies. Il a été reconnu coupable d'aliéner sa propre fille et d'avoir créé un pacte de loyauté. Selon l'expert, ma fille était un cas d'aliénation sévère qui, suite à sa recommandation, a été placé dans un centre d'accueil pour la désintoxiquer du père (les mots utilisés par l'expert au juge). Pour ma part, je ne trouve aucun mot pour vous décrire comment j'ai vécu cette séparation sauf que je me suis retrouvée hospitalisée encore une fois.

Suite à son placement et aux visites supervisées que son père devait avoir avec elle, et malgré tous les moyens mis en place, les visites ont dû être interrompues à plusieurs reprises car il s'en prenait toujours à elle. Malheureusement, le juge, à l’encontre de toutes les conclusions des rapports, a décidé qu'elle pouvait retourner chez lui sans aucune restriction. WoW !. Et c'est à partir de cette décision que sa descente au enfer à elle a commencé avec plusieurs tentatives de suicide et hospitalisations. J'aimerais tellement être capable de dire à ce juge les dommages que cela lui a causés et les miens. De mon côté, même après 20 ans, je suis la folle et la méchante et son père est parfait. Je n'ai jamais baissé les bras, car ma fille ne m'a jamais renié. Mon rôle de maman avec elle a tellement été saboté mais je suis convaincue qu'un jour, elle finira peut-être par comprendre. De son côté, le père continue de faire du ravage en me dénigrant, en salissant toujours mon image et en lui faisant croire que je ne paie pas pour ses études, et j'en passe… Je termine en disant qu'à l'âge de 6 ans, elle m'avait dit qu'un jour qu’elle irait étudier en Europe. Elle réalise actuellement ce rêve. Je suis très fière d'elle et je lui dis dès que j'en ai l'occasion. Elle n'a pas choisi de s'éloigner pour rien.

Rosie, 40 ans Aliénation

Au début, la garde partagée n'est plus respectée jusqu'à ce que les enfants ne veulent plus venir me voir. De multiples reproches non fondés et farfelus me sont faits. Une histoire d'abus sexuel est mise en place. Lire plus

Le système n'aide aucunement avec des procédures longues et une liste d'attente interminable. Les intervenants changent constamment. Les enfants et moi sommes traités comme des cobayes par la dpj et les juges. 

Ça fait trois ans que ça dure. J'ai la moitié du chemin de fait. Mère de deux enfants, la plus jeune est revenue. Mes liens sont redevenus comme avant. Elle comprend et elle a dit la vérité et fait ses excuses. Tout est revenu dans un délai raisonnable, mais pour moi ça m'a semblé interminable.

Par contre pour mon fils, ça ne va pas du tout. Tant d'horreurs se sont dites. Pauvre amour! Placement en famille d'accueil, tous le forcent à me voir et créer des liens. J'espère qu'un jour il comprendra et reviendra.

Je suis pleine de force. Je suis patiente et persévérante. Mon coeur et mes bras resteront toujours ouverts pour lui. Merci à tout ceux qui me soutiennent et me supportent. Tous sont importants à mes yeux. Être bien entouré, c'est la clé !

Père
Normand, 55 ans Aliénation

Lettre à ma fille...

Ce n’est seulement qu’après avoir décidé de ne plus revoir ta mère que j’ai appris que tu allais naître. Je ne la voyais plus depuis plus d’un mois. Un jour, j’ai reçu l’appel d’une travailleuse sociale qui a demandé à me rencontrer en compagnie de ta mère. Elle attendait un enfant.  Sans savoir si tu étais de moi, ma réponse a été spontanée et j’ai dit : « on va avoir l’enfant » ! Lire plus

La grossesse et les quelques mois qui ont suivi ont été laids. Ta mère m’a demandé de lui remettre de l’argent. Et elle m’a quitté. Le premier Noël de ta vie, je ne t’ai pas vue car ta mère m’empêchait de t’accueillir. J’ai dû avoir recours aux services d’une avocate pour pouvoir être ton père. Le juge, alors qu’il apprenait que nous étions séparés, que je demandais la garde parce que ta mère refusait de me laisser te voir, qu’elle fréquentait un criminel qui me menaçait de mort, a dit « l’enfant vient de sortir du ventre de sa mère » ! J’ai vite compris que moi aussi je devrais faire des compromis : celui de prendre les moyens pour faire revenir ta mère et de vivre avec une femme que je ne pourrais jamais aimer afin d’avoir accès à ma fille. Si j’avais su ! Tu n’avais pas encore un an !

J’ai dû me battre avec ta mère quasi quotidiennement pendant 14 ans pour avoir le droit d’être ton père.

Aujourd’hui, je réalise que j’ai eu tellement de peine à t’entendre répéter entre l’âge de 10 et de 14 ans que tu ne m’aimais pas, que j’ai fini par te croire et que j’ai abandonné. Tellement de peine, de honte et un énorme sentiment d’injustice, ayant fait tant de sacrifices pour être ton père. « T’as tout fait ça pour rien papa » sont tes paroles alors que tu avais seulement 11 ans. Ça résonne encore dans ma tête ! Je réalise que jamais tu ne m'as pas demandé de faire ces sacrifices et jamais tu ne m’as demandé de naître, ce fût mon choix et je ne peux pas t’en vouloir. Toute cette joie et cet amour n’a été qu’illusoire pour moi et je le regrette tellement, que j’en suis malade.

Aujourd’hui, ces souvenirs sont tous entachés par la trahison, la manipulation et le mensonge. J’ai décidé de tourner la page à tout ce cauchemar qui a occupé plus de 14 ans de ma vie et qui ne fût pour moi que déception, joies fictives, peine, trahison, et honte ; bref une histoire qui ne tient rien de véritable. C’est une histoire triste et misérable. Le résultat est celui qui est aujourd’hui. Je suis ton père mais je ne suis plus ton parent. Jamais je ne t'ai imposé un choix, je t’aimais et tu m'as rejeté avec répugnance pendant plus de 5 ans et jusqu’à mon épuisement le jour où tu es partie.  

La vérité est que nous devrons, toi et moi, oublier ces souvenirs car toute cette histoire est laide et n’aurait pas pu finir autrement.  Je sais que tu devras comme moi composer avec ta vie et essayer d’en faire le mieux que tu pourras, c’est ta réalité à toi, j’ai la mienne, c’est fini ce cauchemar, cette vergogne.

Regarde ce que tu as et ce que tu peux faire avec ce qui te reste et surtout entoure-toi de personnes que tu aimes et qui t’aiment en retour dans la vie. Ceux qui te rejettent, qui te font de la peine et qui te détruisent, fuis-les, pardonne-leur mais fuis-les ! Et surtout ne te retourne pas, c’est une erreur à ne pas faire, tu y risques ta vie ! Fais ton chemin sans te retourner, ce sera du passé. 

C’est ce que j’ai appris avec toi.

Richard, 53 ans Aliénation

En 2002, naissait notre premier garçon et en 2005 naissait le deuxième, tous les deux en santé. Quatre mois après la naissance du deuxième, elle m'a mis à la porte.  Je leur ai laissé la maison et en octobre de la même année, elle rachetait ma part de l'hypothèque et moi, je lui payais une pension alimentaire.  Tout allait pour le mieux pour les enfants. 

En 2010, je me suis marié à une autre femme et c'est à ce moment que les troubles ont débuté.  Lire plus

J'ai dû aller en Cour Supérieure pour bonifier mes droits d'accès à mes fils.  À l'été 2012, elle a tout fait pour que nous ne passions pas de belles vacances.  Elle téléphonait souvent, elle a même pris un rendez-vous chez le médecin pour un de mes fils pendant nos vacances. En décembre 2012, elle a fait un signalement à la DPJ pour maltraitance envers mes deux fils. Et le 31 décembre 2012, j'ai reçu un appel de leur mère me disant qu'ils ne voulaient pas venir chez nous le lendemain ainsi que la fin de semaine suivante.  J'ai demandé à leur parler et elle n'a pas voulu.

En février 2013, j'ai reçu un appel, ma femme et moi étions accusés de maltraitance envers mes deux enfants.  Nous avons beaucoup pleuré. Notre dossier avec la DPJ a duré 3 ans. Mon épouse et moi avons eu de nombreuses rencontres avec les intervenantes, et sommes allés en Cour de la Jeunesse et à la Cour Supérieure à 13 reprises. L’expertise a démontré que la mère faisait de l'aliénation parentale sévère. Il fallait décontaminer les enfants et parce que la mère ne voulait pas favoriser mon lien père-fils, la Juge de la Cour de la Jeunesse a décidé de placer nos enfants en famille d'accueil pendant 9 mois.  Avec les rencontres supervisées, j'ai pu revoir mes enfants et le lien père-fils recommençait bien lentement. 

En janvier 2015, mes enfants ont recommencé à dormir chez nous et je les voyais aux deux fins de semaine comme avant.  Cela a duré jusqu'à ce qu'ils retournent vivre chez leur mère, 6 mois plus tard.  L'attitude de mes enfants recommençait à changer. J'en avais parlé avec l'intervenante DPJ et elle disait que tout était dans l'ordre, elle ne voyait pas ce qui s'organisait dans mon dos, et de toute façon, la DPJ se retirait de notre dossier, leur mandat étant terminé car la mère avait bien joué son rôle qu'elle voulait que ses enfants voient leur père !

Pendant six mois, je leur ai téléphoné à toutes les semaines pour me faire dire : qu'ils voulaient faire leurs sports (football), voir leurs amis et de rester avec leur mère.  Je leur demandais s'ils voulaient que j'aille les voir au parc (football), aller manger une petite bouchée ensemble, etc.,  et la réponse était toujours non.

Je continue aujourd’hui de leur envoyer une carte à Noël, à leur fête et des petits cadeaux en disant que je les aime. Je n'ai jamais réponse. J'en suis très triste, j'ai beaucoup de peine, j'ai de la misère à accepter encore une fois de ne plus les voir.  Je recommence une autre thérapie pour continuer ma vie sans attente de leur part.  Lorsqu'ils seront plus vieux, on verra...  Pour l'instant, je pense à ma vie conjugale avec ma femme. 
 
Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire.
Un papa triste.
Autre
Lucien - Grand-parent, 80 ans Aliénation

J’attendais ma fille et mes petits-enfants ce jour-là. C’était leur semaine de relâche. Quand ma fille m’a appelé pour me dire que les enfants n’étaient pas revenus de chez leur père et que « supposément » ils ne voulaient plus la voir, je n’ai rien pris de tout ça au sérieux. Ma petite-fille était en amour avec sa mère, et son garçon aussi, c’était donc impossible. Lire plus

Je lui ai dit : « tu verras, ça ne durera pas, aucun de mes petits-enfants collent autant sa mère que les tiens ». Mais les jours ont passé et les semaines aussi, sans que rien ne change, et ce malgré toute l’énergie que ma fille mettait. Je sentais son désarroi. Toute la famille avait tenté de communiquer par Facebook avec ma petite-fille — le seul lien restant entre nous —, mais il n’y avait jamais de réponse.

 

Vivant à cinq heures de voiture de chez ma fille (et du père de mes petits-enfants), les occasions de les voir étaient plus limitées. Ma petite-fille suivait des cours équestres, alors je me suis dit que j’irais la voir et profiterais de cette occasion pour lui parler. Quand je suis arrivé près de l’enclos où son cours avait lieu, elle était sur son cheval. Elle m’a d’abord accueilli avec son magnifique sourire habituel, en s’écriant : « Grand-papa ! ». Un éclair de bonheur qui a duré une fraction de seconde car son visage s’est aussitôt transformé, refermé, comme si elle venait de se rappeler la situation. Tout le reste du cours, elle m’a fui du regard. Je l’ai attendue, à la fin de son cours, près de la sortie de l’enclos, mais elle a choisi de m’éviter en ne descendant pas de son cheval comme elle aurait pourtant dû le faire selon les règles de sécurité. J’ai marché jusqu’à l’écurie, son cheval était dans sa stalle, mais aucune trace de ma petite-fille. Je n’ai jamais pu lui parler ce jour-là, ni la revoir par la suite. C’était il y a 5 ans. Je me raccroche depuis à ce sourire qu’elle m’a offert cette journée-là, car il m’indique que le rejet n’était pas naturel, qu’elle avait un « rôle » à jouer. Quel secret avait-elle à cacher ? Le saura-t-on un jour ? 

Voir ma fille naviguer dans un système judiciaire qui profite aux abuseurs soulevait bien des émotions en moi. Je rêvais du retour de la juge Ruffo, elle qui s’est tant battue pour les enfants. Je me disais qu’elle aurait pu entendre ces enfants prisonniers d’un parent malade, non pas par leurs paroles mais par leur cœur en détresse.

Il n’y a pas eu une seule fête de famille depuis où l’on en parle pas. On guérit souvent plus vite d’un drame qu’on arrive à expliquer que d’un drame dont le mystère persiste. Comme dans toutes choses, la vie doit continuer, les jeunes grandissent et on s’habitue à l’absence des uns et des autres, sans cependant les oublier. Est-ce que je la reverrai avant mon départ pour l’autre monde ? J’espère et je lui dis à chaque carte de fêtes et d’occasions qui se rendent grâce au retour de son frère parmi nous. 

Quel phénomène moderne l’on vit ! Il est inconcevable qu’un parent puisse ainsi fermer la porte de l’amour familial à son propre enfant. On peut prendre à l’occasion ses distances devant notre famille mais rompre sans raison le lien de sang qui nous unit, c’est une perte d’identité que cet enfant passera sa vie à chercher.

D’une manière douce, vous pouvez brasser le monde.
- Gandhi